Le 15 novembre 2011, le chantier du CEVA était officiellement lancé. Créée en 1993, l’association Alprail obtenait son premier succès majeur. Le résultat d’un travail d’information et de persuasion effectué par l’association, notamment auprès des autorités franco-genevoises.

Tout a commencé en 1993, lorsque Genève cherche un moyen de raccorder Annemasse à la gare Cornavin par le rail. Alprail naît, alors que de nombreuses variantes sont envisagées et débattues. On parle par exemple, à l’époque, de créer un métro léger, allant jusqu’à Meyrin. Autant de projets qui suscitent des oppositions et des blocages. Dans ce contexte, Alprail parvient à fédérer de nombreux acteurs autour d’une variante. Elle persuade en dévoilant une étude officielle, resté pourtant confidentielle jusqu’en 1999. Il s’agit du tracé définitif, reliant la gare Cornavin à Annemasse, en passant par la Praille, Carouge et les Eaux-Vives. Alprail obtient le soutien de la Confédération et du canton, ainsi que celui du Grand Conseil genevois, qui vote à la quasi-unanimité, en 2000, le crédit d’étude pour la réalisation de ce projet. Le résultat d’un travail d’information crédible fourni par Alprail.

Dès lors, le projet CEVA franchit toutes les étapes importantes, remportant même une victoire populaire sans appel, lors de la votation du 26 novembre 2009, où 61% des Genevois plébiscite le futur réseau ferroviaire régional. Alprail prend part à cette campagne, en défendant naturellement son «bébé». Les oppositions sont levées. Les travaux démarrent en 2011. Si le chantier souffre malheureusement de retards et de dépassements de crédit probables, rien ne remet en cause sa pertinence pour fluidifier la mobilité de la région. Le CEVA est ensuite rebaptisé «Léman express», suite à un concours. Sa mise en marche, prévue pour décembre 2019, est largement attendue. Cette ligne ne sera d’ailleurs que la colonne vertébrale d’un réseau ferroviaire transfrontalier, qui reste à développer. C’est l’objectif actuel d’Alprail.

Car la création de cette association répond à un besoin plus grand: promouvoir un maillage ferroviaire régional et international cohérent, comprenant la France voisine. Tout au long du XXème siècle, Genève a conçu sa mobilité comme un canton cul-de-sac, à l’extrémité occidentale de la Suisse et coincé entre les frontières françaises, sans chercher à dépasser les contraintes de cette situation géographique. Face aux problèmes actuels de la région lémanique, dans le domaine des transports, Alprail entend favoriser des solutions ferroviaires adéquates.

D’autres projets doivent encore être promus :

–       L’extension de la gare Cornavin ;

–       Le développement du rail entre Genève et Lausanne ;

–       L’extension du Léman Express vers la Plaine, voire l’aéroport ;

–       Relier Lausanne à Annemasse, et Coppet à Annecy ;

–       L’extension du tronçon Evian – Saint-Gingolph (la ligne du Tonkin) ;

–       La réhabilitation de la ligne du pied du Jura, de Bellegarde à Divonne ;

Autant de projets qui constituent les enjeux futurs d’Alprail, à plus ou moins long terme. Les défis sont considérables; Alprail, comme elle l’a démontré pour la réalisation du CEVA, contribuera à les relever.

Un tel champ d’activité, tout au long de son histoire, exigeait qu’Alprail devienne une association transfrontalière. C’est chose faite: l’association est établie officiellement en Suisse et en France. Elle comprend non seulement des membres individuels, mais également des membres collectifs, dont des collectivités publiques. Ainsi, le canton du Valais, les villes de Genève, Carouge, Chêne-Bougerie, Chêne-Bourg, Lancy et Thônex nous soutiennent côté suisse. En France, on trouve notamment Annemasse, Thonon-les-Bains, Ambilly, Bons-en-Chablais, Gaillard et Perrignier parmi nos membres.

Enfin, rappelons qu’Alprail fonde son engagement en faveur du rail sur un constat principal: L’évidence socio-économique du développement du transport ferroviaire et les besoins toujours croissants de mobilité, surtout régionale, que seul ce mode de transport peut satisfaire, tout en répondant à des priorités de protection de l’environnement.