Après une Maturité au collège Calvin Serge dal Busco obtient un diplôme d’ingénieur civil à l’école polytechnique fédérale de Zurich (1982), puis une thèse de doctorat à l’école polytechnique fédérale de Lausanne. Pendant plusieurs années, il exerce la profession d’ingénieur  tout en étant chargé de cours à l’EPFL. Il devient ensuite associé dans un grand bureau d’ingénieurs conseils en génie civil et en environnement à Carouge. Elu en 2003 au Conseil administratif de Bernex, il a assumé la charge de Président de l’association des communes genevoises.

En 2009, Serge Dal Busco est élu au Grand Conseil du canton de Genève. Dans ce cadre, il est membre notamment des commissions du logement et de l’aménagement.

Il est élu Conseiller d’Etat en novembre 2013 en charge des finances avant de reprendre le département dédié aux infrastructures et à la mobilité. Il reprend ainsi le portefeuille des transports et de la mobilité avec la ferme volonté de reporter le trafic motorisé vers le rail et vers les transports publics.

 

Le 12 mars 2019, Serge Dal Busco, responsable du département des infrastructures, était l’invité d’Alprail.

Conseiller d’Etat responsable de la mobilité, Serge Dal Busco voit loin et est déterminé à dynamiser la culture ferroviaire à Genève.

Il a  exposé devant les membres de l’association, ses priorités pour le développement et l’extension d’un réseau ferroviaire qui va transformer la région et les habitudes.

« La Belle Epoque du rail !».

Après avoir salué un public « extrêmement averti » dit-il , Serge d’Al Busco a déploré  l’absence et la perte de culture ferroviaire à Genève, surtout par rapport au reste de la Suisse et même de Lausanne. «Cela depuis longtemps et pour des raisons historiques » a-t-il expliqué. L’’arrivée de la guerre (1914-18), suivie de la période de dépression économique (1929), puis la guerre de 39 puis l’enjouement de « tout à l’automobile »  des années cinquante  ont enterré les projets ! Le réseau suisse connecté au réseau français n’a jamais pu se concrétiser.

Grâce à la ténacité de certains.

« De nombreuses personnes ont œuvré et œuvrent encore pour exhumer la convention de 1912 concernant la création du CEVA ». Serge Dal Busco salue ainsi en particulier, l’opiniâtreté de  Monsieur Graf et de Monsieur Maxwell, des visionnaires, qui dès les années nonante se sont battus pour convaincre les autorités de la pertinence d’une liaison Genève-Annemasse. Il rappelle les premiers efforts au sein de la  (Gter-Groupement Pour Des Transports Express Regionaux)  et des premiers calicots : « Là où le CEVA passe, les bouchons trépassent ! ».

Remettre les priorités en place.

La mobilité ? « Une grenade dégoupillée » lui avaient prédit ses collègues ! Loin de se décourager,  le conseiller d’Etat  a endossé la responsabilité du Département des infrastructures et donc de la mobilité, avec la conviction que le Léman-Express sera la colonne vertébrale d’un développement économique genevois important. «  Pour moi c’est une chance, une opportunité de vivre le moment présent : l’entrée dans le 21ème siècle avec une culture ferroviaire» a-t-il commenté. Le conseiller voit le déploiement ferroviaire non seulement sous l’angle climatique, qui est important, mais surtout sous l’angle économique. « Certains pensent que changer nos habitudes peut nuire à la prospérité alors que c’est juste le contraire…les heures perdues dans les bouchons nuisent aux entreprises et donc à l’Etat. La  prospérité du canton repose certes sur la fiscalité, mais aussi sur  la  mobilité ! », commente encore le conseiller d’Etat.

Gérer le succès du Léman Express.

« Il est dorénavant de la tâche du Conseil d’Etat de veiller à la mise en service  de la ligne dont on peut attendre une montée en puissance, sur  230  km de ligne avec 45 gares desservies. L’ambition n’est pas de capter 87 % des personnes motorisées qui arrivent à Genève mais de mettre en place  les mesures d’accompagnement  de manière durable en réduisant le trafic » a précisé l’homme d’Etat.

Pour renforcer ce dispositif, du côté français comme du côté suisse, les lignes  des bus régionaux  venant de chaque commune, seront rabattues sur les gares du Léman- Express. Mais tout ne sera pas mis en place pour le 15 décembre 2019 ! Serge Dal Busco promet néanmoins que la fonctionnalité, la signalétique et la clarté pour les usagers seront prêts, du côté suisse, en temps voulu. Les parcours pour rejoindre les gares, la mobilité douce et l’accès des piétons seront aussi balisés.  Synchroniser cette mise en place avec les efforts du côté français nécessite des échanges fréquents avec les responsables de l’autre côté de la frontière, un peu refroidis  après l’échec des P & R !

Un projet de loi : assouplir les règles de stationnement à Genève.

Le stationnement est une réalité puissante pour inciter au  transport modal. Si le temps de parcours est important, disposer d’une place de parking sur les lieux de travail l’est aussi. 87 % des automobilistes pendulaires  ont trouvé le moyen de poser leur voiture de manière avantageuse ! A Plan-les-ouates pour 10.000 postes de travail, il y a  6.000 places de stationnement mis à disposition! C’est de la responsabilité des entreprises : « On ne peut pas fustiger les conséquences, et l’engorgement en contribuant soi-même à en être l’origine ! » constate Serge Dal Busco. D’ailleurs, les entreprises se délocalisent davantage autour des gares, signe que le Léman-Express sera un vecteur du développement économique essentiel.  « Tous les efforts accomplis vont porter leurs fruits,  après dix ans de retard ! ».

Penser dès à présent à la suite.

La problématique de la gare souterraine reste entière. La construction de deux voies souterraine, coût 1,6 milliard, est indispensable pour faire la liaison avec Bernex à la Zimeysa via les Cherpines, Lancy Pont-Rouge, Cornavin, la place des Nations et l’aéroport. La solution souterraine s’impose dès maintenant. Si le canton n’a pas obtenu de Berne l’aide financière escomptée, le Conseiller d’Etat estime qu’il est possible de rattraper les 400 millions de francs manquants. Des informations officieuses vont d’ailleurs dans ce sens. Le canton a aussi reçu l’accord pour le financement du projet de la diamétrale avec peut-être une halte à Châtelaine.

« Décembre 2019 ne signera donc pas la fin d’un projet mais le début d’une nouvelle jeunesse du développement ferroviaire » a conclu le Conseiller d’Etat.

                                                                   

                                                                                                M. Le Guennec