Monsieur Pascal Bovey, délégué à la mobilité du Département de la mobilité, du territoire et de l’environnement du Canton du Valais est venu présenter le 21 mars à l’Assemblée générale ordinaire d’Alprail, les éléments nouveaux concernant l’axe du Sud Léman.

Le Léman Sud, deuxième étape du Léman Express !

 

Le Sud Léman, deuxième étape du Léman Express !

Monsieur Pascal Bovey, délégué à la mobilité du Département de la mobilité, du territoire et de l’environnement du Canton du Valais est venu présenter le 21 mars passé à l’Assemblée générale ordinaire d’Alprail, les éléments nouveaux concernant l’axe du Sud Léman.

Les négociations entre la France et la Suisse sont en bonne voie.

Pascal Bovey sortait d’une rencontre à Paris entre délégués suisses et français, qui se rencontraient dans le cadre d’un Comité technique des bilatérales franco-suisse sur les transports ferroviaires, au sujet du projet de la réhabilitation de la voie anciennement connue sous « ligne du Tonkin », qui désormais devient le projet ferroviaire « Sud Léman » pour être intégré dans la future prochaine étape du Léman Express.

En substance, le délégué à la mobilité explique que « L’affaire est maintenant passée au niveau supérieur ». A ce jour, Il ne s’agit plus seulement du travail des associations de défense des lignes, il s’agit d’intérêts communs franco-suisses débattus entre les nations et qui conséquemment devraient pouvoir faire appel à certains fonds européens d’infrastructure (InterReg V, Feder par exemple).

En 2009, des études préliminaires avaient déjà été entreprises tant côté suisse que côté français ; désormais cette voie est donc bien comprise comme une liaison internationale.  Ainsi la « ligne Sud Léman» n’est pas un projet en lui-même ; il s’inscrit dans un projet plus vaste : le Léman Express ». Il concerne l’entier du bassin lémanique franco-suisse et ses presque 1 million d’habitants ; sa mise en service ne devrait pas poser de problème technique insurmontable.

Les atouts

Les 17 km de voies actuellement désaffectées sur le parcours entre St-Gingolph et Evian-les-Bains n’ont pas été radiés et n’ont donc pas besoin de DUP (Déclaration d’Utilité Publique) préalable du côté français. Côté Suisse, CFF et le Canton du Valais ont déjà investi un bloc de ligne moderne, ce qui permet de disposer de la cadence horaire entre le Bouveret et Monthey.

Côté français quelques points sont encore à examiner: gabarit de tunnels, passages à niveau ainsi que la réhabilitation et le choix de l’emplacement (déplacement) des haltes qu’il faudra principalement négocier avec les communes et entrevoir les possibilités de parkings P+R), etc.

Grand soulagement. Une expertise française a conclu qu’il n’y avait pas de risque majeur en ce qui concerne la faune et de la flore. .

Les crédits ont été acceptés pour les études préliminaires

Signes positif et encourageant : Après une première étude en 2003, celle de 2009-2011 a été validée du côté suisse comme du côté français. Une seconde phase d’études plus approfondies a été réalisée entre 2015 et fin 2017. Pour la prochaine étape entre 2018 et 2020, il est prévu 200.000 € pour préparer les appels d’offre et ~ 1,8 M € pour financer les études.

« A l’horizon 2020, après la mise en service que nous espérons réussie du Léman Express, on verra beaucoup plus clair pour évaluer les besoins de mobilité par le rail » estime Pascal Bovey. Dès lors un engagement financier supplémentaire serait possible. 430.000 € ont déjà été promis par Laurent Wauquiez  président de la nouvelle Région Auvergne-Rhône-Alpes, pour le volet d’études 2018-2020.

Un projet ambitieux.

Les choses se mettent donc en place, le projet a été  pris en mains par le politique qui va le soutenir. C’est une excellente nouvelle ! Le président du comité de pilotage est tenu par M. Cyril Pellevat, sénateur de la Haute-Savoie et Conseiller régional d’Auvergne-Rhône, alors que la vice-présidence est en mains de Jacques Melly, Conseiller d’Etat du Valais.  Les esprits ont fini par comprendre qu’il s’agit d’intégrer le Sud Léman dans une logique plus vaste. Il s’inscrit ainsi dans un réseau ferroviaire interconnecté tout autour du bassin lémanique.

Le calendrier

En novembre 2018, on espère avoir le feu vert pour l’ensemble du financement, y compris le soutien des fonds européens. En 2019, on peut lancer les études. «  En 2020, si le Léman Express remporte du succès et répond aux attentes, cela va aller très vite », s’est enthousiasmé Pascal Bovey !

Un projet frontalier bien considéré tant en Suisse qu’en France.

Il reste donc à convaincre la Confédération. Le principal argument est de défendre l’idée que ce projet a aussi une utilité pour les Suisses. Près d’un million d’habitants du bassin lémanique, sont concernés de part et d’autre des rives du Léman, un enjeu considérable !

Dans le cadre du prochain message PRODES, qui fera la liste des aménagements à réaliser d’ici 2030/35 et que le parlement fédéral devrait valider en 2019, le Conseil fédéral a prévu que 100 millions de francs suisses seraient affectés aux projets transfrontaliers qui ont un effet sur la Suisse. Dans notre cas du Sud Léman, c’est un million d’habitants du bassin lémanique, qui sont concernés, un enjeu considérable !

Les Français l’ont bien compris, ils ont en effet écrit plusieurs lettres de soutien pour ce projet, auprès de la Conseillère fédérale Doris Leuthard à Berne.

«  Il faut une forte solidarité au niveau national et du côté français, il faut des appuis », a martelé Pascal Bovey. Il a clamé sa conviction que le Léman Express et son prolongement vers le Sud Léman se feront bel et bien.