Directeur régional CFF pour la Suisse romande

Vice-président du Conseil d’administration de Lémanis

Président du Conseil d’administration de la Chambre de commerce et de l’industrie France-Suisse

Président du Conseil d’administration de RégionAlps SA

Administrateur des Transports publics fribourgeois

 

Monsieur Barbey, Fribourgeois d’origine, a fait ses débuts dans le secteur de l’aviation chez Swissair puis chez Gate Gourmet ce qui l’a amené à ocuper des postes notamment à Boston, Los Angeles, Accra, Alger ou Milan. Après un passage comme directeur de Crans Montana Tourisme il s’est tourné vers les transports ferroviaires en tant que CEO de Cisalpino puis du TGV Lyria. Il a poursuivi sa carrière comme chef du trafic régional CFF et coordinateur de la région Romandie avant d’occuper son poste et ses responsabilités actuel. Il est un acteur incontournable de l’avenir ferroviaire de notre région et il nous a fait le plaisir d’une présentation le lundi 7 octobre 2019.

 

« Développement du rail dans le Grand Genève et en Suisse Romande ».

 

Léman express

Monsieur Barbey nous a démontré la complexité de la mise en route de ce réseau transfrontalier qui implique de nombreux acteurs (sécurité, marketing, relations transfrontalières, courants différents, etc…) qui ont dû s’accorder. Par exemple les opérateurs du centre de contrôle de Lausanne sont allés visiter ceux de Chambéry et vice-versa afin de bien comprendre les deux systèmes. Il nous a indiqué que la mise en route du CEVA était observée par de nombreux acteurs internationaux et qu’elle se devait d’être une réussite.

En revenant sur les problèmes plus techniques il nous a appris que les rames Régiolis ont obtenues l’homologation pour circuler en Suisse aujourd’hui et que les Stadler sont en voie de l’obtenir en France. Seul subsistaient des questions administratives liées à la documentation des véhicules. Il est important que cette homologation soit reçue avant le 21 octobre, date du début de la formation des conducteurs.

Une discussion avec l’OFT a permis d’obtenir l’appellation « L » en lieu et place du « S » valable dans le reste de la Suisse grâce à l’intervention de Monsieur Mario Werren qui rappelé que « S » ne signifiait rien en France et que le réseau était transfrontalier.

De nombreuses discussions ont eu lieu afin d’accorder les communautés tarifaires. Un seul billet pour un trajet sera possible malgré la frontière et les différents opérateurs. Unireso s’est restructuré, le Swisspass ou la carte Oura seront utilisables jusqu’à Annecy ou le Fayet.

Dans les questions qui ont suivi M. Barbey est d’avis que tôt ou tard il faudra améliorer la liaison avec l’aéroport en passant par le tunnel du Furet.

Enfin il nous a fait savoir que ce sera certainement la rame baptisée en souvenir de Sigurd Maxwell qui inaugurera le réseau le 12 septembre prochain en présence de Mme Sommaruga et de la ministre chargée des transports en France.

 

Léman 2030

Dans son exposé Monsieur Barbey nous a rappelé que la part modale des transports publiques est de 16% dans la région lémanique alors qu’elle est de 35% dans la région zurichoise. Une marge de progression existe en Suisse romande ce qui nous amène à réaliser de grands chantiers qui ne vont pas sans perturber le trafic habituel.

Tout est mis en place afin de gêner le moins possible les habitants et les usagers.

Les chantiers sur la ligne Genève-Saint-Gall dont la coordination entre régions était inexistante ont eu un impact négatif sur les horaires. C’est maintenant corrigé.

CFF immobilier investit 1 milliard dans l’arc lémanique dont une partie à servi au CEVA.

Dès le 14 octobre trois projets préparatoires pour la gare souterraine de Genève-Cornavin vont être lancés sur les dépôts au nord-est.

Le début du chantier de la gare de Lausanne est prévu au plus tôt pour fin 2020.

Les chantiers sur l’ensemble de la Suisse romande seront nombreux ces prochaines années avec les difficultés qu’ils vont générer mais les CFF s’organisent afin d’être le plus efficient possible. Par exemple les coupures de courant nocturnes doivent perturber le moins possible le transport indispensable pour la poste ou le ravitaillement de marchandises périssables. Des tronçons de travail de trois kilomètres seront mis hors courant, tronçons sur lesquels les convois pourront tout de même passer en prenant suffisamment d’élan.

Une bonne partie du temps de M. Barbey est consacré aux visites d’entreprises et d’administrations communales et cantonales afin de promouvoir des plans de mobilité. La tendance est de diminuer le nombre de places de parking dans les centres et de favoriser ceux en périphérie. Pour ce faire il faut convaincre ces différents secteurs de promouvoir des programmes de travail à domicile et des horaires plus flexibles et ainsi diminuer l’engorgement en heure de pointe. Par exemple l’EPFL a réussi à décaler ses cours d’une demi-heure.

 

Philosophie des CFF

Si le but premier des CFF et le transport des usagers sa philosophie est de prendre en compte l’ensemble de la chaîne de mobilité. Le but n’est pas de faire de l’argent mais d’optimiser les déplacements par la mise à disposition de moyens performants (applications par exemple) qui prennent en compte tous les phases d’un déplacement (marche, transports publiques, vélos, taxis etc.). Le billet du futur sera celui qui facturera uniquement les services utilisés au meilleur prix et ceci pour l’ensemble des opérateurs.

Il est démontré également le rôle indirect joué par les CFF dans le cadre de l’organisation de grandes manifestations qui ne seraient pas possibles si l’ensemble de spectateurs venaient en véhicules privés.

Alain Barbey nous a dit étudier un cadencement des trains pour Lyon, à l’image des TGV pour Paris qui est une avancée majeure. Parmi les futurs produits proposés : un train-ski Genève-Châble en test pendant le week-end cet hiver.

Enfin, selon M. Barbey, l’objectif énergétique des CFF est de 100% énergie propre, rapidement mais sans nous en avoir dévoilé la date.